246 Partages

Tutoriel pour apprendre le traitement d’une photo sous l’eau avec Lightroom

Bien maîtriser le traitement d’une image avec Lightroom s’avère parfois être une étape compliquée tant les possibilités sont nombreuses.

Qu’il s’agisse d’une photo sous marine ou d’une photo terrestre, le principe reste cependant le même.

Je vous propose donc dans cet article de découvrir pas à pas toutes les étapes nécessaires pour travailler le développement d’un fichier RAW (déRAWtissation) avec le logiciel Adobe Lightroom CC 2015.

Si vous n’avez aucune expérience en matière de post-production et que vous souhaitez approfondir ce sujet … cet article est fait pour vous.

Avant tout : téléchargez l’image (62mb)

Je vous invite à cliquer ici pour télécharger le fichier RAW de l’image que nous allons traiter dans cet article. Vous pourrez ainsi effectuer les manipulations directement, ce qui sera beaucoup plus parlant pour vous.

 

Le workflow

Nous avons vu dans l’article précédant les avantages de la puissance de traitement d’un fichier RAW comparé une image JPEG.

Dans ce tuto, nous aborderons  la « métamorphose » d’un fichier brut en une photo travaillée en fonction de sa propre sensibilité.

Je vais ainsi vous décrire pas à pas les principales phases de développement d’un fichier RAW.

Le traitement de ces fichiers s’inscrit dans une suite d’actions et d’ajustements visant les différentes notions qui font une photo.

Découvrons donc cette succession d’action, nommée le « workflow ».

 

En fait, le post traitement commence dès la prise de vue

« Il est important de préciser que tout ce qui peut être fait avec votre appareil, au moment de la prise de vue sur le terrain, doit être fait à ce moment-là. C’est encore plus vrai en photo sous-marine. »

L’erreur serait de minimiser la technique de prise de vue sous prétexte que Lightroom ou Photoshop rattraperont tout.

Cependant, à mon sens, la post-production et plus généralement le traitement numérique d’une photo font partie intégrante du processus de création d’une image, et représentent même une étape tout aussi importante que la prise de vue elle-même.

 

Points abordés lors de ce tutoriel

Les principales notions que nous allons aborder au travers de ce guide sont les suivantes :

  1. le contraste
  2. les tonalités et les couleurs
  3. quelques outils d’action localisées.

Notez que la liste des actions décrites n’est pas exhaustive.

« La post-production d’un fichier RAW est sensiblement la même qu’il s’agisse d’une photo sous-marine ou terrestre. Néanmoins il existe des spécificités propres au développement des images subaquatiques. »

A savoir

Pour que vous puissiez bien suivre le traitement pas à pas, je vous mets à disposition le fichier RAW de la photo.

Vous pourrez ainsi effectuer les mêmes réglages que moi.

Attention toutefois : le rendu des couleurs peut varier suivant les écrans, surtout s’ils ne sont pas calibrés.

 

C’est parti pour le tuto lightroom pas à pas

Comme je l’ai annoncé plus haut, le développement d’un RAW est une suite d’actions qui vise à optimiser et ajuster certaines notions qui ne peuvent pas être réalisées lors de la prise de vue.

Je vais vous décrire pas à pas toutes les actions utilisées pour réaliser le traitement de ce cliché sous-marin, comme le prouve cette comparaison avant / après :

Post-production-lightroom-photo-subaquatique-apprendre a maitriser lightroom

Cette photo a été prise en fin de plongée dans la Passe en S à Mayotte. C’est une photo en contre-jour, donc avec une forte dynamique.

 

Présentation de l’interface de Lightroom

Dans un premier temps, ouvrez votre photo dans Lightroom et cliquer sur l’onglet Développement.

Vous devriez avoir cette interface :

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

 

Comment se présente l’espace de travail de Lightroom ?

Voici tous les éléments ou groupe d’éléments qui vont nous permettre de travailler sur le fichier.

  1. L’histogramme : il se trouve en haut à droite. Vous pouvez retrouver son utilité en retournant voir mon article sur les Fondamentaux techniques de la photographie. Cet histogramme évoluera tout au long du traitement photographique. Chaque action aura un effet sur celui-ci.
  2. Les éxifs : ce sont les indications des paramètres de prises de vue (Vitesse, Ouverture, Iso mais aussi la focale et l’objectif utilisé, ici un 16-35 à 16 mm)
  3. Le panel d’outil localisé : Ce groupe d’outil permet de recadrer, de corriger l’horizon, de régler la balance des blancs localisés (très pratique en photo subaquatique) d’ajouter des filtres gradués, de faire des corrections localisées diverses, etc…
  4. Les onglets de réglage : ils sont au nombre de 9
    • Réglage de base
    • Courbe des tonalités
    • Détail
    • TSI/Niveau de gris
    • Virage partiel
    • Détail
    • Corrections de l’objectif
    • Transformations
    • Effets et étalonnage de l’appareil photo
  5. Option d’aperçu : c’est un outil très pratique qui permet de visualiser un avant / après des modifications effectuées. Il possède plusieurs style d’affichage.
  6. L’échelle : Outil indispensable pour effectuer des zooms avant ou arrière sur la photo.

 

Opérons avant tout quelques réglages permanents

Je veux parler de l’espace colorimétrique de travail et le profil de base depuis lequel nous allons travailler et aussi éventuellement exporter nos photos vers Photoshop après le développement des RAW.

 

L ’espace colorimétrique

Nous devons travailler en ProPhoto RGB car c’est le plus étendu qui s’offre à nous.

Bien que la plupart des écrans ne soient pas capables de restituer la totalité des couleurs qu’offre cet espace, il est important de l’utiliser pour avoir la meilleure nuance de couleur possible.

C’est encore plus vrai en photo sous-marine où les nuances de bleu sont nombreuses. Cet espace permettra un meilleur dégradé, une meilleure transition des différentes teintes.

Il faut aussi sélectionner la profondeur de couleur à 16 Bits/couche. Veillez cependant à ce qu’il n’y ait pas de redimensionnement.

Ces modifications sont à apporter en cliquant sur Lightroom => Préférences => Edition externe.

Vous obtiendrez cette fenêtre :

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Avant de commencer notre traitement

vous devez sélectionner le profil qui nous servira de base.

Pour mieux comprendre ce que sont les profils, vous pouvez  relire mon article sur le Format RAW via le lien indiqué en début de cet article.

Pour sélectionner le profil, il faut cliquer sur le dernier onglet de réglage : Etalonnage de l’appareil photo

Une fois l’onglet ouvert, un panel de curseur de réglages s’offrent à vous.

Concentrons-nous tout d’abord uniquement sur le menu Profil :

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Lightroom propose plusieurs interprétations d’un fichier RAW.

Ces interprétations sont en fait les Profils.

  • Certains sont déjà proposés par votre appareil photo (Paysage, Portrait, etc )
  • D’autres sont des profils créés par Adobe.

Le rendu de base diffère grandement suivant le profil choisi.

Ici, le but est de sélectionner le profil le plus neutre possible, afin de maîtriser au mieux le flux de traitement.

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Pour cela, voici ci-dessous un petit comparatif du rendu des différents profils.

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Vous remarquerez que les rendus sont totalement différents, tant sur les contrastes que sur la colorimétrie.

Certains, comme par exemple le profil Camera Landscape, ont un contraste et une saturation des couleurs trop prononcés à mon goût.

Je sélectionne toujours le profil Adobe Standar V2. C’est le profil qui offre le maximum de détail et qui est le plus neutre au niveau des couleurs. Il est aussi très peu contrasté, ce qui nous laisse l’entière possibilité d’ajuster le contraste que l’on souhaite.

Cependant, rien ne vous interdit de choisir un autre profil, puisque tout est question d’appréciation et d’interprétation.

 

Contraste, tonalités et récupération d’informations

Le fichier RAW avec le profil préalablement sélectionné est, dans son état actuel, terne et sans contraste. C’est normal, car ces 2 notions resteront subjectives.

Le capteur enregistrera le maximum d’informations. Cependant, certaines d’entre elles (comme le contraste) dépendent avant tout de la sensibilité de chacun.

Le contraste, tout comme l’exposition sont des notions subjectives.

En effet, elles dépendent de notre interprétation et du rendu que nous voulons apporter à notre photo. C’est la raison pour laquelle une photo en macro sur fond noir sera volontairement sous-exposée, tandis qu’une photo d’ambiance, comme celle-ci, vise à montrer une scène dans sa globalité et demande une exposition la plus juste possible.

 

En quoi consiste la première action du flux de travail de développement d’un RAW ?

Dans ce cas précis, elle consiste à récupérer des données dans les zones fortement sur et sous exposées, respectivement et plus familièrement appelées zones « cramées » et « bouchées ».

Elle dépend en grande partie de la dynamique du capteur.

Plus les capteurs sont récents, plus cette dynamique, et donc la possibilité de récupération des informations, est importante.

 

Cette solution connait cependant quelques limites

Vous devez en effet correctement exposer votre photo et ajuster la puissance de vos flashs pour avoir le moins d’information à extraire.

Sur cette photo, on peut voir qu’il n’y a pas de zones « bouchées », c’est-à-dire totalement noires.

Seule une petite partie du soleil est légèrement surexposée.

On peut donc en conclure que la photo est correctement exposée et que je n’aurais pas besoin de jouer avec le curseur d’exposition.

 

Astuce pour repérer les zones surexposées et/ou bouchées.

En cliquant sur les deux petits boutons qui se trouvent au-dessus de l’histogramme, le logiciel colorie en rouge les zones brulées et en bleu les zones bouchées.

On remarque sur cet exemple qu’il n’y a pas de zone à récupérer dans les basses lumières.

Seule une zone proche du soleil est surexposée. 

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

La prochaine étape consiste à jouer avec les réglages de base dans l’onglet du même nom.

Avant d’aller plus loin, voici quelques précisions sur les curseurs présents dans cet onglet :

Lightroom-traitement-photo

Exposition : Règle la luminosité globale de l’image. Les valeurs d’exposition sont à des incréments équivalents aux valeurs d’ouverture de diaphragme d’un appareil photo. Un réglage de +1,00 revient à élargir l’ouverture de 1. De même, un réglage de -1,0 revient à diminuer l’ouverture de 1.

Contraste : Permet d’augmenter ou de diminuer le contraste de l’image, ciblant principalement les tons moyens. Lorsque vous augmentez le contraste, les zones de l’image qui tendent vers les tons foncés s’assombrissent, tandis que les zones plus claires s’éclaircissent.

Tons clairs : Règle les zones lumineuses d’une image. Déplacez le curseur vers la gauche pour foncer les tons clairs et récupérer les détails d’une zone surexposée. Déplacez le curseur vers la droite pour éclaircir les tons clairs tout en minimisant l’écrêtage.

Tons foncés : Règle les zones foncées d’une image. Déplacez le curseur vers la gauche pour obscurcir les tons foncés tout en minimisant l’écrêtage. Déplacez le curseur vers la droite pour éclaircir les tons foncés et récupérer les détails des tons foncés.

Blancs : Règle l’écrêtage blanc. Déplacez le curseur vers la gauche pour réduire l’écrêtage des tons clairs. Déplacez le curseur vers la droite pour augmenter l’écrêtage des tons clairs.

Noirs : Règle l’écrêtage noir. Déplacez le curseur vers la gauche pour augmenter l’écrêtage noir (associer plus de tons foncés au noir pur). Déplacez le curseur vers la droite pour réduire l’écrêtage des tons foncés.

 

Récupérons un peu d’informations autour du soleil, la zone la plus claire de la photo, sans chercher à trop en faire.

Pour cela, j’utilise le curseur des Tons blancs que je déplace vers la gauche.

post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Le curseur étant positionné à -40%, on remarque que la zone surexposée n’est plus marquée en rouge.

On peut aussi noter que cette action impacte les autres zones claires de la photo, comme par exemple les nuages proches de cette zone.

 

Une fois les informations récupérées, la prochaine action consiste à jouer sur le contraste global de l’image.

La solution la plus simple est de faire varier le curseur de contraste. Ce curseur s’appuie sur un préréglage qui modifie plus ou moins la courbe en S des tonalités. Cette solution laisse peu de marge de manœuvre et elle est beaucoup moins précise que de jouer directement sur la courbe des tonalités, néanmoins le rendu est souvent correct.

 

Gestion du contraste avec le curseur de contraste global de l’image
curseur contraste - post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

On remarque avec la vue avant/après ci-dessous que l’image est plus contrastée : l’aspect délavé de la photo s’estompe et le relief commence à ressortir.

comparaison image avant après - post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

 

Gestion du contraste avec la courbe des tonalités

courbe des tonalités - post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

Il s’agit d’une autre méthode pour ajuster le contraste de votre photo. Mais avant d’aller plus loin, petites précisions sur cette courbe des tonalités :

La courbe de tonalités est un outil très important dans le réglage du contraste.

Contrairement au curseur de contraste de l’outil de base, on peut jouer sur le contraste en sélectionnant des gammes de tonalités avec la courbe.

Nous pourrons ainsi jouer sur les tons clairs sans aucune répercutions sur les tons sombres, et inversement.

Le réglage sera plus précis qu’avec la méthode précédente.

courbe des tonalités - post traitement lightroom photo sous marine - retouche lightroom plongee

 

 

Nous voyons ici la courbe de tonalités vierge.

Le point neutre se situe au centre du carré.

Toute la courbe qui se trouve en dessous de ce point représente les tons sombre et tout ce qui se situe au-dessus représente les tons clairs.

Le coin du carré en bas a gauche représente le point noir tandis que le coin haut à droite représente le point blanc.

 

 

courbe des tonalités - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

 

Voici la forme typique d’une courbe de tonalité travailler.

La forme distinctive en S nous indique que l’on a :

  • assombri les tons noirs
  • éclairci les tons clairs pour ramener du contraste et du relief à notre photo.

Ici, j’ai volontairement exagéré les réglages pour mettre en évidence la forme de la courbe paramétrique.

 

 

La méthode des points pour modifier la courbe des tonalités Lightroom

Avec la méthode des points, il est possible de créer autant de points que désiré pour faire varier la courbe comme bon nous semble.

Pensez à tester cette méthode chez vous.

Ci-dessous les contrastes ajustés avec la méthode de la courbe de tonalité.

J’ai ajouté un peu de « peps » dans les hautes lumières et j’ai assombri les zones plus sombres.

La photo gagne  en dynamisme et l’effet « délavé » disparaît. Le traitement prend forme.

post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Remarque : l’ajout de contraste influencera les zones les plus exposées et sous-exposées d’une photo.

Plus le contraste augmente, plus on « perd » d’informations dans les extrêmes.

Le but consistera donc à trouver un bon équilibre, le principal étant le « MOOD« , l’atmosphère ou encore l’ambiance que vous souhaitez apporter à votre cliché.

Pour la suite du traitement, gardons le contraste avec la courbe des tonalités ( mais assurez-vous d’avoir remis le curseur du contraste global à zéro).

 

La clarté

La clarté est le premier outil de la catégorie présence dans le panel d’outil de réglage de base.

module clarté -post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Sa fonction consiste à faire ressortir ou à atténuer les détails des micros contrastes de votre photo.

Ce module est particulièrement intéressant pour faire ressortir les textures,  comme par exemple les grains de sable ou les écailles des poissons. Il intensifie aussi les contours des éléments d’une photo.

Cet outil booste le dynamisme et le relief de votre photo dans sa valeur positive. A contrario, il la lisse jusqu’à la « flouter » dans sa valeur négative (que personnellement, je n’utilise jamais).

 

La clarté : un outil à utiliser avec modération

J’utilisais beaucoup la clarté à mes débuts, notamment pour ajouter du « peps » aux photos.

Cependant, au fil du temps, l’expérience m’a appris que cet outil aussi séduisant soit-il- doit être utiliser avec une extrême prudence.

Je ne l’utilise désormais presque plus, ou seulement pour traiter des points très précis d’une photo.

L’abus de clarté dénature la photo, elle devient moins « douce » avec parfois un aspect métallique.

L’exemple ci-dessous est bien plus parlant que quelques mots :

module clarté - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Pour ce traitement, je ne vais pas ajouter de clarté, je trouve la photo déjà bien dynamique, avec un relief mis en avant par la gestion du contraste réalisée précédemment.

 

Corrections de l’objectif 

corrections de l'objectif - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Lightroom possède une fonctionnalité qui détecte l’objectif utilisé.

De fait, il vous propose une correction des aberrations chromatiques et du vignetage.

La correction des aberrations chromatiques doit être faite à chaque fois.

corrections de l'objectif - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

On peut remarquer sur cette copie écran que le logiciel a détecté plusieurs paramètres :

  1. la marque de l’appareil photo
  2. l’objectif utilisé
  3. sa focale.

Lightroom nous propose plusieurs corrections adaptées en fonction de l’objectif utilisé et de sa focale.

Ces corrections sont données par le fabricant de l’objectif afin de corriger ses éventuels défauts optiques.

 

 

Ci-dessous 2 captures d’écran : avant correction de l’objectif, et après.

corrections de l'objectif - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

corrections de l'objectif - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

On remarque une différence de rendu sur les contours de la photo.

En effet, la correction du vignettage « éclairci » les contours assombris par le défaut optique de l’objectif.

Selon moi, cette correction n’est pas systématique.

Elle doit s’opérer au cas par cas, en fonction de la photo et de sa composition.

J’ajoute presque toujours du vignetage sur mes photos afin de guider l’œil vers le sujet. Ce n’est donc pas une correction que je fais régulièrement.

Sachez que le vignetage dépend très fortement de la qualité de votre objectif.

Plus l’objectif est de qualité, moins le vignetage sera présent ou, au pire, sera mieux géré dans sa répartition.

Pour cette photo, je vais garder un peu de vignetage de l’objectif. Je vais donc appliquer cette correction à hauteur de 30%.

 

Pourquoi ce choix ?

Avant tout parce que les bords assombris de la photo concentrent le regard vers le centre de la photo, la où se trouve le sujet.

En revanche, je conserve la correction de distorsion presque à chaque fois.

corrections de l'objectif - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

Les couleurs

Voici un autre gros chapitre du traitement informatique.

L’interprétation de la colorimétrie est subjective.

De plus, le retour écran de votre appareil photo n’est pas la vérité absolue.

C’est d’autant plus vrai plus en photo sous-marine, où: 

  • les couleurs sont souvent bouleversées par la colonne d’eau
  • la finesse du traitement des couleurs évolue en fonction de votre expérience.

Comme pour le bon vin ou le fromage, elle s’affine avec le temps.

L’erreur la plus courante est celle du « too much » : le fait de trop saturer les couleurs en est la principale cause.

Croyez-moi, on y arrive très vite.

L’harmonie des couleurs est aussi très importante: Attention, donc aux couleurs dominantes liées à une mauvaise balance des blancs ou à un mauvais éclairage.

 

Il existe plusieurs outils pour travailler les couleurs d’une photo.

  1. L’outil Température et Teinte.
  2. La gestion de chaque couleur de manière isolé dans l’onglet TSL / Couleur / NB.
  3. L’outil Virage partiel, qui influe selon notre choix sur les couleurs des hautes lumières et/ou des basses lumières.
  4. L’outil de modification des couleurs primaires qui se trouve dans l’onglet « étalonnage » de l’appareil photo.

En premier lieu, nous allons voir l’outil de gestion de Température et Teinte qui se trouve dans les réglages de bases :

 

Le module Température et Teinte

module couleur teinture et teinte - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Nous voyons ici que la température est de 5850 degrés Kelvin.

Ce réglage dépend de celui de votre appareil photo.

Pour cette plongée, j’ai laissé l’appareil gérer la température des couleurs, mais il m’arrive de l’ajusté manuellement.

En modifiant le curseur, vous pouvez ajuster les couleurs pour les rendre plus chaudes ou plus froide.

Voici deux exemples exagérés des rendus possibles avec cet outil :

Ci-dessous, une température de couleur à 7000 degrés Kelvin.

module couleur teinture et teinte - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

On remarque tout de suite que l’ensemble des couleurs sont plus chaudes. Elles tirent vers le jaune.

Ci-dessous, une température de couleur à 4700 degrés Kelvin.

module couleur teinture et teinte - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Contrairement à la précédente, on remarque que les couleurs tirent vers des teintes plus froides, donc vers des tons bleutés.

 

Constat 

La température influe sur l’ensemble du spectre colorimétrique de la photo.

Prenez cependant en compte que le rendu peut grandement différer suivant les écrans s’ils ne sont pas calibrés par une sonde colorimétrique.

De manière générale, les photos subaquatiques ont un meilleur rendu avec une température  comprise entre 4800 K et 5500 K.

Pour cette photo, je vais laisser la température de couleur tel quel, à 5850 K car je la trouve plutôt bien équilibrée ainsi.

Pour le curseur Teinte, c’est exactement la même chose que pour celui de la Température, à la différence que le spectre colorimétrique tirera plus ou moins vers le vert ou le magenta.

Comme pour la Température, je ne modifierai pas cette valeur.

Toujours dans l’onglet Réglages de base, nous avons deux curseurs pour accentuer les couleurs. Ce sont les deux derniers

 

Vibrance et Saturation

module vibrance et saturation - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Quelle différence y a-t-il entre la vibrance et la saturation ?

La saturation d’une couleur en colorimétrie est en quelque sorte l’intensité de sa teinte.

  • une couleur saturée tire plutôt vers du fluo
  • une couleur peu saturée tend vers une teinte pastel.

La vibrance, notion popularisée par Adobe, est beaucoup moins simple à définir.

Voici leur définition :

« Le réglage de vibrance permet de régler la saturation de manière à limiter l’écrêtage des couleurs proches du niveau maximal de saturation. Ce réglage augmente le niveau de saturation des couleurs faiblement saturées de sorte qu’il soit supérieur à celui des couleurs déjà saturées. Il permet également d’éviter toute saturation excessive des tons de peau. »

 

Conclusion sur la différence entre ces 2 notions

  1. La saturation augmente l’intensité de la teinte de toutes les couleurs
  2. la vibrance sélectionne les couleurs les moins prononcées (les tons moyens) pour intensifier leur teinte sans impacter les couleurs déjà dominantes.

En photo subaquatique, la vibrance est un atout pour augmenter les couleurs des sujets sans trop modifier les teintes dominantes (le bleu dans la plupart des cas).

Attention, jouez avec parcimonie sur ces curseurs !

Pour exemple, voici la vibrance poussée à 50% :

module vibrance et saturation - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Et maintenant la saturation poussée à 50% :

module vibrance et saturation - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

On remarque que la saturation poussée à 50% donne un rendu qui ne semble pas du tout naturel, tandis que la vibrance à 50 % ne tombe pas dans l’excès.

Bien évidemment, j’ai volontairement exagéré sur les curseurs pour ces deux exemples.

En règle générale, je ne dépasse jamais les 20 % en vibrance et les 10 % en saturation.

Ce sont des valeurs limites que je me suis fixées au cour de ces dernières années. Au-delà de ces seuils, le rendu ne me semble plus naturel.

Voici le rendu à 20% de vibrance et 10 % de saturation :

module vibrance et saturation - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

L’outil TLS / Couleur / NB

Pour modifier une couleurs précise sans impacter les autres, nous utiliserons les outils de l’onglet TLS / Couleur / NB.

Module l’outil TLS - Couleur - noir et blanc - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Il existe plusieurs présentations de cet outil, suivant si vous cliquez sur TSL ou Couleur.

En réalité de la même chose.

Il est possible de modifier 8 couleurs distinctes :

Module l’outil TLS - Couleur - noir et blanc - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est possible d’influer sur 3 notions pour chacune de ces couleurs, ce qui permet des ajustements précis pour chaque couleur sans modifier les autres.

  • la Teinte
  • la Saturation
  • la Luminance

Pour notre exemple, je trouve que les bleus tirent un peu trop vers le vert, ce qui me dérange d’ailleurs un peu.

Je vais modifier leur teinte en poussant le curseur des cyans (Bleu vert) à droite, comme ci-dessous :

Module l’outil TLS - Couleur - noir et blanc - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Précision : Les teintes cyans influent énormément sur le rendu des bleus d’une photo. C’est la couleur à travailler avant toute les autres.

Je ne vais pas jouer sur la saturation des couleurs avec cet outil.

En effet, la saturation a déjà été ajustée précédemment.

Cependant, rien ne nous empêche de monter ou de baisser la saturation d’une couleur si elle semble inadéquate ou en marge des autres couleurs.

Module l’outil TLS - Couleur - noir et blanc - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

On obtient alors un bleu qui ne tire plus vers le vert. Il appartient a chacun de déterminer qu’elle est la couleur qui lui convient le mieux.

 

Le module Virage partiel

Module virage partiel - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Il s’agit d’une autre méthode visant a ajuster les couleurs des hautes lumières et / ou des ombres.

Dans ce cas, on ne peut pas sélectionner une couleur précise.

C’est donc l’ensemble du spectre colorimétrique des hautes lumières ou des ombres qui est modifié.

Bien que j’utilise parfois cet outil en photo de paysage, je ne l’utilise jamais en post production d’une photo sous-marine.

Il existe une troisième méthode pour ajuster les couleurs. Pour ce faire, nous allons dans un onglet que nous avons déjà vu :

Module étalonnage de l’appareil photo

Module virage partiel - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons vu les différents profils disponibles dans cet onglet (standard, landscape , etc).

Cependant, une autre série de curseurs a pour objectif de modifier les couleurs primaires :

  • Rouge, Vert et Bleu (RVB)
  • ainsi qu’un curseur qui joue sur la teinte des ombres.

Une modification sur un de ces curseurs impacte directement la couleur primaire, mais aussi  les couleurs secondaires qui en découlent.

 

Dans cet exemple, j’aimerais ramener un peu plus de rouge sur les poissons soldat, qui tirent un peu trop sur le jaune à mon gout.

Vous constaterez avec la comparaison Avant / Apres ci-dessous que la modification a aussi un impact sur les teintes chaudes du corail. N’hésitez pas à faire varier les curseurs, même dans les extrêmes pour bien visualiser les rendus possibles avec cet outil.

Avant étalonnage

Apres étalonnage

Module virage partiel - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

A ce stade du traitement, le gros du travail est fait. 

L’aspect global de la photo me convient, mais il reste encore un grand nombre d’actions possibles, notamment avec les outils :

  • actions localisées
  • filtres gradués.

Je ne vais pas m’étendre sur tous les outils d’action localisée dans ce tuto, ni sur les deux onglets Transformation, Détail et EffetsJe vous incite cependant à les tester de façons empirique. C’est un excellent moyen d’apprendre.

En revanche, nous allons découvrir ensemble les possibilités que nous offre : 

 

L’outil filtre gradué
outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

 

Le filtre gradué (ou dégradé) est, comme son nom l’indique est un filtre « progressif ».

Ce filtre est orientable dans n’importe quel sens et sa graduation peut être modifiée comme bon vous semble.

Il est particulièrement efficace en photo de paysage, pour travailler sur les ciels par exemple.

En photo sous-marine, il est utile pour travailler sur la surface de l’eau.

 

 

L’outil Filtre gradué se trouve dans la palette d’outil localisé : c’est le petit rectangle entouré en rouge sur la photo ci-dessous.

outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

Après avoir cliqué sur ce petit rectangle, une série de curseurs apparait.

s’agit quasiment de la même série que celle concernant les curseurs de réglages

Avant de modifier quoi que ce soit, positionnez d’abord le filtre sur notre photo.

Pour cela, cliquez sur l’endroit de la photo où vous voulez que le filtre commence, puis déplacez le curseur de la souris à l’endroit où vous voulez qu’il s’arrête.

Ce qui nous donne ceci :

outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

3 lignes apparaissent. Toutes les modifications seront à 100 % au-dessus de la ligne du haut.

Le filtre sera gradué de façon progressive entre la ligne du haut et la ligne du bas, qui elle est à 0%.

De fait, tout ce qui se trouve en dessous de la ligne du bas ne subira aucune modification.

Bien sur, la distance entre la ligne du haut et la ligne du bas est ajustable en fonction des besoins.

Voici un exemple du rendu que nous pouvons avoir :

outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Sur la photo ci-dessus, ont été modifiés les curseurs

  • d’exposition
  • de contraste
  • de hautes lumières
  • de clarté
  • de saturation.

L’ensemble de ces actions / modifications a eu pour effet de donner du « peps » à la surface de l’eau, tout en récupérant des informations dans les hautes lumières du soleil.

Sans filtre gradué :

outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

Avec filtre gradué :

outil filtre gradué - post traitement lightroom - retouche photo lightroom

Cet outil vient en fin de traitement.

L’outil de filtre gradué est en quelque sorte un outil de finition.

Comme tous les outils de post production, il reste à utiliser avec parcimonie pour éviter d’en faire trop. Il doit rester imperceptible à l’œil. Dans le cas contraire, c’est que vous êtes allé trop loin.

 

Résultat de toutes les étapes de post traitement

Le traitement sous Lightroom est maintenant terminé.

Ci-dessous, le rendu final parlant:

La récupération des informations ainsi que la gestion du contraste et des couleurs aboutissent à cette photo.

Bien qu’elle soit différente du fichier RAW, le travail fourni sur ce cliché sous-marin reste fidèle à la scène que j’ai en mémoire.

post traitement lightroom - retouche photo lightroom

 

Pour conclure sur la post production Lightroom

Le traitement numérique d’un fichier RAW est l’équivalent du développement d’une photo argentique.

Au final, la chambre noire de jadis est devenue un ordinateur.

Le traitement numérique (je parle bien de traitement et non de « retouche ») fait partie intégrante du processus de création d’une œuvre photographique, pour laquelle le RAW est tout simplement la matière première créée lors de la prise de vue.

Le traitement numérique s’inscrit dans une suite d’actions (work flow) qui vise à imprégner et à sublimer une image par les émotions, le ressenti, la vision et l’expérience du photographe.

 

Ce tutoriel de traitement d’une image subaquatique est à considérer comme un guide.

Il est impératif que vous vous familiarisez avec votre logiciel de traitement.

Il n’y a pas de secret, plus vous travaillerez vos photos, plus vous deviendrez performant.

Votre sensibilité évoluera en fonction de votre savoir-faire, et s’affinera avec le temps.

Il faudra cependant y consacrer du temps, mais ce qui parait fastidieux et empirique pour le moment deviendra un réel plaisir quand vous en maîtriserez les tenants et aboutissants.

La connaissance et l’expérience que vous allez acquérir en traitement numérique vont changer votre manière de photographier.

Vous ne photographierez plus pour avoir un joli aperçu sur le retour écran de votre boitier !

Vous photographierez désormais en fonction des possibilités de votre boitier, mais aussi de celles disponibles en post-production.

Pensez toujours à une chose capitale: 

Tout ce qui peut être fait à la prise de vue, doit être fait à ce moment-là !

246 Partages