La plongée : plus qu’un loisir, un état d’esprit

La plongée sous marine, ce moment où l’on oublie tous nos petits tracas quotidiens.

Ce moment où l’on va à la rencontre d’un autre monde, marin.

Ce moment où l’on explore et découvre de nouvelles sensations. 

Plus qu’un loisir ou qu’un moment d’évasion, la plongée sous-marine est avant tout un état d’esprit qui fédère tous les amoureux du monde marin.

 

La plongée sous marine: la technique au service de la découverte des fonds marins

« Ce matin, je me lève et je le sourire aux lèvres car je sais que je vais plonger. »

La plongée, ce n’est pas juste l’intervalle de temps entre la bascule arrière et la remontée sur le bateau !

Non.

La plongée commence à partir du moment où vous préparez votre matériel, où vous imaginez les possibles rencontres que vous allez faire.

Gréer son bloc, vérifier la pression, les détendeurs, le gilet stabilisateur.

Tout ce petit rituel d’avant plongée nous met en condition pour les quelques minutes subaquatiques tant attendu.

 

La photo en plongée sous marine

Pour les photographes sous-marin comme moi, la préparation du caisson, le graissage des joints, la vérification des connectiques et de la charge des batteries est annonciateur de bonheur.

Mais un choix cornélien doit être pris !

« Dois-je monter l’appareil pour la macro photographie ou pour le grand angle ? »

Bien souvent, c’est le choix du site à découvrir qui détermine la configuration, mais il demeure toujours quelques incertitudes quant à la visibilité de l’eau.

Ne sachant pas le site de plongée à l’avance, je laisse mon instinct guider ce choix… je dois dire qu’il me l’a souvent bien rendu.

« Donc aujourd’hui ce sera grand angle !!!! »

Sans perdre de temps je charge, je charge le matériel sur le bateau, sans oublier les équipements indispensables !

Que ceux qui n’ont jamais oublié leur masque, leurs palmes, leur parachute de palier, leur combinaison…… me jettent la première pierre.

 

Savoir préparer sa plongée

Vient le moment du briefing du directeur de plongée.

Dans un silence absolue ….ou presque….. il décrit le site de plongée choisie.

Puis viennent les consignes de sécurité usuelles:

  • mi pression à 100 bar
  • réserve à 50
  • pétard de rappelle et remontée à la vitesse préconisée

Fin du brieffing, pendant que certains n’ont même pas ouvert leur bloc, je suis déjà équipé, masque au cou, palmes au pieds, je suis fin prêt à faire cette bascule arrière qui me plongera vers cet autre monde.

 

Le 1er grand moment : la bascule puis la découverte

1….2….3 … Je m’élance en arrière d’un mouvement franc.

PLOUF ! Un nuage de bulle m’entoure, je ne vois plus rien l’instant de quelques secondes.

Puis les bulles se dispersent, je retrouve de visu mon binôme.

Tout semble aller pour le mieux.

Je purge le peu d’air de mon gilet et nous voilà partis pour une descente vers ce monde subaquatique.

Désormais, je me décide à descendre, et sens la pression augmenter au niveau de mes oreilles.

Je rééquilibre régulièrement, puis regarde le fond, bien que mes yeux ne distinguent que du bleu.

Il leur faudra quelques secondes pour s’habituer à la luminosité réduite en profondeur.

Puis je distingue enfin des formes, ce sont les patates de corail qui contraste avec le blanc du sable. Les détails se font plus précis. Je distingue maintenant toute sorte de poissons.

Les couleurs commencent à apparaître.

Je gonfle mon gilet pour freiner ma descente.

Arrivé à 3 mètres du fond, je prends une bonne inspiration, les poumons plein, l’effet ballaste me permet de rester en suspend au-dessus des coraux.

 

Un monde subaquatique en 3 dimensions sous mes yeux

Je viens de passer d’un monde où j’évolue sur deux dimensions à un monde en trois dimensions.

Mes yeux se sont habitués à la luminosité, les reliefs apparaissent clairement.

Je check encore une fois mon binôme. Tout semble ok: nous sommes prêts pour l’exploration.

Devant moi, l’entrée d’un canyon sous-marin m’invite à y pénétrer.

Je remonte celui-ci sur quelques mètres. Les rayons de lumières traversent à l’aplomb des failles créant de magnifiques ambiances. Ils semblent danser au grès des vagues qui frisent la surface de l’eau, quelques mètres plus haut.

 

Prendre en photo les trésors cachés des océans

Au creux d’une faille, une murène javanaise se fait nettoyer par un couple de crevette. Un peu plus loin, un poisson lion, ou Ptérois, semble être en lévitation.

Tout autour de lui, un banc de glassfish forme une boule dense et compacte.

« Savent-ils qu’ils sont juste à proximité d’un redoutable prédateur ? »

Quoi qu’il en soit, je visualise de suite la photo que je peux faire de cette scène.

Je m’approche lentement, sans geste brusque, en faisant attention à ne pas lever de sable avec mes palmes.

Je retiens ma respiration dans les derniers moments de l’approche afin de ne pas effrayer les poissons.

J’ai déjà l’œil dans le viseur depuis quelques secondes.

Ça y est, je suis à la bonne distance, je cadre et j’appuis sur le déclencheur. Les flashs s’en donnent à cœur joie.

Les glassfishs, apeurés par ces éclairs, s’agitent dans des mouvement rapides mais coordonnés. Le mouvement synchronisé d’un banc de poisson m’a toujours fasciné!

 

La plongée sous marine est intemporelle

Je regarde où se trouve mon binôme. La notion du temps est perturbée dans ce monde.

Nous sortons du canyon, traversons la langue de sable et nous voilà sur un herbier. Quelques nudibranches parsemés ci et là attire mon attention, mais mon appareil est équipé en grand angle, ce sera pour une prochaine plongée….

Au loin, une tortue verte broute sur l’herbier. Elle soulève autour d’elle un nuage de sable avec ses nageoires pectorales afin de dégager le sable des jeunes pousses.

Après quelques minutes à l’observer, un banc de bécunes vient nous rendre visite dans le bleu au-dessus de nos tète.

Elles tournoient au-dessus de nous, semblant jouer avec nos bulles.Photo plongée sous marine-Anthias-Ambiance dans le lagon de Mayotte

La décompression

Je regarde mon manomètre, je suis déjà à mi pression.

Mon binôme et moi décidons de remonter le long de la pente submergée pour commencer notre décompression.

Arrivés dans la zone des 10 mètres de profondeur, nous tombons sur un champ de corail moue. Tout atour, des nuages d’Anthias au couleur orange vif contraste avec le bleu.

Un banc de caranges bleus passe à proximité, c’est la panique sur le récif.

Les petits poissons sont sur le qui vive !!!!

Un poisson trompette, la tête en bas, se colle à un corail fouet, le mimétisme semble fonctionner. Au loin, je vois un petit œil sortir d’un trou. Je reste immobile pendant deux ou trois minutes, le temps pour ce poulpe de prendre confiance et de laisser sa curiosité prendre le dessus.

Prudemment, il sort une de ses tentacules pour venir toucher les étranges visiteurs que nous sommes….

50 bars dans le bloc, je suis déjà sur la réserve. Les paliers ont disparu le temps que nous étions peu profond.

Je sors le parachute et le gonfle avec mon octopus. Le détendeur fuse, les bulles s’échappent de partout tandis que je le vois monter en flèche vers la surface.

Trois minutes plus tard, après avoir effectué les paliers de sécurité nous faisons surface. Le bateau n’est pas très loin, il récupère une autre palanquée à quelques dizaines de mètres de nous.

Fin de plongée, une heure sous l’eau mais j’ai l’impression que cela a duré vingt minutes.

Sur le chemin du retour, on échange avec les autres palanquées sur les rencontres sous-marine que nous avons faits.

Pour ma part, j’ai des images dans la carte mémoire de mon appareil photo mais surtout dans la tête. De quoi alimenter quelques rêves en attendant la prochaine plongée.