Mayotte

Plongez dans l’un des plus beaux lagons du monde !!!

Mayotte, une île d’origine volcanique faisant partie de l’archipel des Comores composé de quatre îles : Grande Comores, Mohéli, Anjouan et Mayotte. Etant la plus au Sud de ses cousines, la position géographique de Mayotte la situe à l’entrée du canal du Mozambique, ce qui lui confère quelques particularités. Les premiers habitants de l’île furent les Arabes venus d’Afrique vers le Xème siècle. Ils l’ont baptisée « Maouti », mot qui évoque la Mort. Ils donnèrent ce nom à l’île car son accès était très dangereux pour les navires de l’époque. Seuls ces premiers habitants connaissaient les passes qui permettaient de franchir la barrière de corail qui entoure l’île tandis que les navires rivaux s’échouaient et se fracassaient contre le récif. Plus tard, avec la venue des Français Maouti devient Mayotte. L’étymologie du nom de cette île fait référence à son extraordinaire récif qui forme l’un des plus grands et beaux lagons du monde. Et c’est bien de ce lagon qu’il est question dans cet article. Il y a tant à dire à son sujet, et tant encore à découvrir. Avec une superficie de 1100 km2, une barrière longue de 160 km, il est le 3ème plus grand lagon fermé du monde, après celui de la Nouvelle Calédonie et de Rangiroa dans le Pacifique. Le lagon de Mayotte comprend 12 passes dont l’une des plus connue est la passe en S.  Possédant une double barrière de corail, plus de 700 hectares de mangrove, d’innombrables ilots et bancs de sable dispersés en son sein, le lagon de Mayotte est sans conteste un bijou de biodiversité inestimable, regroupant plusieurs biotopes relativement bien préservés, à l’heure ou le fléau mondial du déclin de la biodiversité bat son plein.

Coucher de soleil photographié au nord de Mayotte avec une vue sur le lagon et l’ilot M’Tsamboro.

Vous trouverez toutes mes photos de Mayotte en Haute définition sur mon site www.underwater-landscape.com via ce lien : Photo de l’ile au lagon

« Les nombreuses particularités uniques du lagon de Mayotte, comme le fait qu’il soit l’un des rares lagons fermés du monde, possédant une double barrière de corail (fait extrêmement rare, seulement 2 ou 3 endroits dans le monde ont cette configuration) et avec ses dimensions gigantesques, en font un trésor de biodiversité à la fois terrestre et sous-marin. »

La pointe d’Andrema, à l’extreme nord de l’ile de Mayotte.

Un peu de géologie :

Tout commence il y a environ 8 millions d’années. A cette époque, l’île de Mayotte n’existe pas encore. Mais un volcan perce la croute du plancher océanique. C’est ce que l’on appelle un point chaud. Le même qui a créé toutes les îles qui composent l’archipel de Comores. C’est actuellement l’endroit où se trouve Grande Comores, avec son volcan encore actif : le Cartala.

Ce point chaud reste immobile tandis que les plaques tectoniques sont en perpétuel mouvement. C’est la raison pour laquelle l’archipel est une succession d’îles volcaniques alignées sur un même axe. 4 millions d’années plus tard, les premiers volcans de Mayotte sortent de l’eau ; les premiers volcans car ils sont deux. L’un se forme dans la partie septentrional et l’autre dans la partie centrale et méridionale. C’est deux volcans ne seront plus alimentés en magma et vont commencer à s’éroder au fil du temps. A l’époque, le point culminant de l’île étant haut de plusieurs milliers de mètres. L’île de Mayotte avait, à cette époque, à peu près la même configuration que l’île de La Réunion telle que nous la connaissons actuellement. 2 millions d’années plus tard, sous l’effet de l’érosion et de l’enfoncement de l’île, les premières formations récifales commencent à se construire sur le contour de l’île. Ce contour est représenté aujourd’hui par la barrière de corail qui entoure Mayotte. L’île continue toujours de s’enfoncer dans l’océan indien, mais les coraux, tels de grands bâtisseurs, créent inlassablement de nouvelles structures coralliennes qui permettent à la barrière récifales de maintenir son niveau proche de la surface. Voici comment est né le lagon de Mayotte, il y a environ deux millions d’années.

Entre temps, un autre système volcanique se met en place. Cette formation va créer Petite Terre.

Le Lac Dziani, sur Petite Terre, se trouve dans un ancien cratère.

C’est la dernière activité volcanique de l’île qui prit fin il y environ 100 000 ans.

Sans compter Grande Terre et Petite Terre, le lagon abrite 23 ilots (Chissioua en maoré) inhabités et quelques bancs de sable qui sont immergés à marée haute.

Envole de Noddy Brun sur l’ilot de sable blanc à Mayotte.

Chaque ilot est en quelque sorte un mini hot spot concentrateur de vie autour de lui. Seul le plus gros, M’Tsamboro est semi habité et cultivé ; les autres sont des havres de paix pour les oiseaux marins et les nombreuses roussettes.

Un coucher de soleil dans le nord de l’ile. Au premier plan, les cocotiers et une rousette, au second plan, les ilors Choisil.

D’autres biotopes du lagon sont aussi des concentrateurs de vie. Ce sont les mangroves.

C’est les pieds dans l’eau que j’ai photographié cette mongrove quand le soleil etait tout proche de l’horizon.

Dispersées tout autour de l’île, on en dénombre un peu plus de 700 hectare.

« Outre le fait d’être des hots spot de vie, la mangrove fait aussi office de protection. En effet, elle protège le lagon de l’érosion de l’île en emprisonnant dans ses racines les sédiments venus des terres charriées par la pluie. Et inversement, elle empêche l’érosion du littoral en créant une barrière naturelle contre les vagues. En plus du fait d’être une nurserie pour tous les petits poissons, son rôle très important pour le bon développement de l’écosystème du lagon est primordial. »

C’est les pieds dans l’eau que ce palétuvier contemple les magnifiques couleurs de ce coucher de soleil.

Les plongées à Mayotte:

 

Un jardin de corail en bonne santé, une explosion de vie et de couleur.

« Avec cette incroyable superficie de 1100 km2, vous vous doutez bien que le terrain de jeu pour les plongeurs est exceptionnel.  D’autant plus que le nombre de plongeurs est relativement limité comparé à d’autres destinations plongées ultra fréquentées. Souvent absente des destinations proposées par les agences de voyages spécialisées dans la plongée sous-marine, l’île de Mayotte demeure encore préservée d’un tourisme de plongée de masse. »

L’île comprend en tout et pour tout 8 centres de plongées :

Les clubs de plongée de Petite Terre, de Mamoudzou et de l’Est de l’île sortent quotidiennement et essentiellement sur la passe en S. Les centres du Sud de l’île sortent plonger en dérivante tous les matins sur l’une des trois passes du Sud : Passe Bateau, Passe Boueni et Passe Sada. L’après-midi, les plongées ont lieu à  l’intérieur du lagon, sur les récifs isolés. Le centre du Nord, quant à lui, plonge sur les passes du Nord ou sur l’un des nombreux récifs qui se trouve à l’intérieur du lagon.

 

Les passes :

Le lagon comprend 12 passes. Certaines sont quotidiennement plongées, d’autres un peu moins et quelques-unes pas du tout.

  • La passe en S :

    Son tracé d’un bleu marine profond en forme de S sillonne le bleu turquoise de la barrière de corail.

C’est la plus connue et la plus emblématique passe de l’île. Elle se situe à l’Est de l’île, à environ 20 minutes de navigation de Mamoudzou ou de Petite Terre.

La passe de Longogori, communément nommé passe en S est un hot spot pour la plongée à Mayotte. Classée réserve intégrale de pêche depuis 1990, ce lieu doit sa forme si caractéristique à un phénomène géologique. Long d’environ 4 km, profond de 75 mètres ces deux virages à 90 degrés sont le résultat de l’ancien lit d’une rivière qui sillonnait le platier en des temps où celui-ci était émergé.

Un poisson clown dans son anémone bleu.

La  passe est le prolongement du lit des rivières actuelles situées en amont telles que Majimbini, Gouloue et Kwale.  La zone est équipée par le Parc Naturel Marin de 18 bouées d’amarrage qui sont autant de sites de plongée ; une gigantesque aire de jeux pour les plongeurs que nous sommes. Ainsi, suivant les vents ou les courants, il y a toujours un lieu propice à la plongée du jour !

Un petit crabe des crÏnoides qui en fin de compte est une femelle avec des oeufs.

La passe en S se caractérise par une richesse écologique exceptionnelle, liée à la présence de milieux marins très diversifiés. Ainsi, un large éventail de paysages (failles, cheminées, dunes de sable, patates de corail, tombants, …) permet l’observation de nombreuses espèces sous-marines : gros mérous, perroquets à bosse, requins gris, raies, tortues, nudibranches, poissons feuille, poissons pierre, poissons fantôme… Et avec un peu de chance, le dugong, la sirène du lagon maoré !

Détail d’un oeil de crevette Thor.

Les forts courants entrants en marée montante et sortants en marrée descendantes concentrent énormément de vie autour de ses tombants. Il n’est donc pas rare de croiser des bancs de caranges ou de barracudas ; aussi, il n’est pas rare de croiser des requins de récif dagsit ou obésus.

Un requin gris de récif, ou requin dagsit photographié non loin de la passe en S de Mayotte.

Sur chaque spot, différentes plongées sont possibles. En effet, la morphologie de la passe en S permet de faire du baptême à la plongée profonde en ayant des ambiances et des particularités différentes quel que soit la profondeur d’évolution.

Une photo prise sur lez bord du tombant de la passe en S, à une profondeur de 6 mètres.

 

  • La passe bateau :

Un plongeur au palier au bord du tombant de passe bateau sud.

C’est la passe du Sud la plus réputée. Avec ces deux autres sœurs, la passe Bouenie et la passe Sada, la passe bateau située au Sud-Ouest de l’île se situe à l’endroit où la barrière de corail est la plus éloignée de l’île. Il y a donc plus de 10 km de navigation à effectuer depuis le rivage avant d’arriver sur le site.

« Contrairement à la passe en S, il n’y a pas de bouées matérialisant les spots. Les plongées sur la passe bateau, comme sur toutes les autres passes du Sud se font exclusivement en dérivante. « 

On distingue deux principaux spots qui sont en réalité les deux flancs de la passe : Bateau Sud et Bateau Nord.

-Versant sud

Nous trouvons sur ce site une belle verticalité très marquée depuis le bord du platier  à environ 5 mètres jusqu’à 35 mètres riches en éponges, coraux durs tels que les tubastreas ainsi que de nombreux octocoralliaires jusqu’à 15 mètres et de belles gorgones.

Une vue sur le récif longeant la passe bateau sud à 6 mètres de profondeur.

Dans la zone des 15 mètres, le tombant est marqué par une succession de larges alcôves où nous pouvons observer outres les nombreuses crevettes entourant les murènes, beaucoup de petite faune telle que nudibranches, vers plats, sans oublier les poissons plus  mimétiques comme les poissons scorpion ou poissons feuille. Plus bas, de 30 à 35 mètres, de profonds surplombs où il n’est pas rare d’observer des raies pastenagues sur le fond sableux.

Puis nous trouvons un léger dévers menant à environ 40 mètres à un grand plateau sableux au dessus duquel, un banc de petits barracudas en très grand nombre se trouve en fonction du courant. Cette plongées réserve quelques surprises, la grotte 16/9, cavité percée dans le mur à environ 26 mètres dont l’entrée large de 4 mètres et haute de 1,5 mètre s’ouvre sur une large salle dans le récif. Par fort courant, il est déconseillé de négliger d’observer le bleu où quelques espèces pélagiques, comme le requin gris de récif, peuvent nous faire l’honneur de leur curiosité. C’est aussi sur ce site, qu’à la saison, par courant favorable, nous pouvons observer les raies mantas du genre alfredi se nourrir de planctons sous la surface.

-Versant Nord

Sur ce site, quelques soit le courant dans la passe, nous commençons toujours par la pente externe. Nous y trouvons un premier tombant, plan incliné très marqué menant à environ 35 mètres à une plage sableuse parsemée d’ilots de vie coralliens rassemblant les poissons et autres petits crustacés.

Une photo montrant la biodiversitée de la vie récifale. Au premier plan, nous pouvons voir une anémone collante avec une crevette queue de Paon.

Cette marche de sable large d’une cinquantaine de mètres descend doucement jusqu’à la profondeur de 45 mètres où nous trouvons un second tombant très vertical menant à des profondeurs réservées aux plongeurs spécialisés en plongée trimix.  Cette partie externe de la barrière se distingue par la quantité de poissons que nous pouvons y rencontrer, des bancs de lutjans et diagrammes orientaux sur les pointes verticales du premier tombant aux carangues et autres espèces pélagiques en bordure du second colonisé par de nombreuses éponges barriques et gorgones sans oublier les raies pastenagues et le tapis d’hétérocongres sur la marche sableuse.

Plonger sur la bordure du second tombant peut être une opportunité d’observer quelques requins, requins corail ou gris de récif voir même des requins marteaux à la saison où les masses d’eaux fraiches remontent vers la surface. Lorsque que le courant est rentrant dans la passe, nous y cheminons alors dans un décor vallonné, tapissé de nombreux coraux mous menant au tombant interne de la barrière, coté lagon où nous finissons la plongée à la recherche de plus petits organismes vivant dans le corail.

 

  • La passe bouéni :

Cette passe très large, un peu plus lointaine à environ 13 kilomètres des centres de plongées, propose 2 versants totalement différents, tant au point de vue des ambiances que de la vie que l’on peut y trouver.

-Versant Sud

Cette plongée se déroule intégralement sur la pente de la passe. Elle présente deux sections bien distinctes.

Tout d’abord la zone Est, du côté lagon, est un grand plan incliné avec une succession de plages sableuses depuis 40 mètres entre des promontoires, anciennes formations coralliennes recolonisées, jusqu’à un plateau sur une dizaine de mètres où nous trouvons un décor composé de nombreux pinacles supportant des développements d’acropores illuminés par le sable tapissant le fond.

Une très belle rencontre avec cette grosse tortue imbriquée.
Elle venait tranquillement sur ma droite. Curieuse, elle s’est approché à quelques centimètres du dome de mon appareil photo.

Cette partie de la plongée, très lumineuse, est très riche en gorgones autour desquelles nous pouvons observer de nombreuses crevettes ou nudibranches. Des bancs de vivaneaux noirs et vivaneaux pagaies en grand nombres sillonnent cette zone qu’ils se partagent avec des nuées de balistes bleus.

Les bâttisseur de récif sont les coraux. Sans eux, pas de récif débordant de couleur et de vie. Il faut savoir que les récifs represente moins de 1% de la surperficie des oceans mais concentre en leur sain plus de 20% de la biodiversité marine.

La zone Ouest de ce site présente une belle verticalité depuis 4 mètres jusqu’à 15 à 25 mètres suivant les endroits. Ce tombant mène à une grande pente descendant à plus de 45 mètres.

Une rencontre inoubliable avec mon ami Olivier sur la Passe Boueni par environ 40 mètres de profondeur. Un banc d’une soixantaine de requin marteau halicorne passe au dessus de nos têtes!!!

Dans la continuité de la vie que nous trouvons plus à l’Est, nous trouvons sur cette zone de grandes gorgones en nombre.

Le tombant vertical est remarquable par la quantité de faune fixée. De nombreux coraux mous, éponges et cnidaires s’y sont développés, abritant ainsi tout un panel de poissons de récifs, poissons papillons, anges, diverses demoiselles, mais aussi de nombreux nudibranches et vers plats faisant ainsi le bonheur des plongeurs naturalistes.

Un plongeur recycleur filmant un banc de lutjans.

De petites cavités sont habitées par des poissons hachettes et glass Fish formant des rideaux derrière lesquels il n’est pas rare de dénicher des poissons feuille.

-Versant Nord

Cette plongée s’effectue sur un développement corallien en sortie de passe caractérisant ce site. D’une longueur d’environ 150 mètres, cette formation remontant      jusqu’à une douzaine de mètres se situe dans l’axe la passe Bouéni.

Les coraux offre un abri à une multitude de petit poisson du récifs. Ce sont de veritable pouponnières.

Nous y plongeons sur la pente externe, du côté du large. Au Sud ce développement, le tombant mène à un plateau sableu sur 35 mètres où nous trouvons de belle patates colonisées par de nombreux coraux branchus et entourées de bancs de carangues et de lutjans. Nous avons généralement la possibilité d’observer des espèces pélagiques, tels que des thonidés et barracudas à queue jaune voir même quelques requins en s’écartant encore en direction d’un second tombant riche en gorgones allant de 45 à 80 mètres.

Ensuite, en direction du Nord, le tombant devient plus prononcé, descendant directement à environ 60 mètres. Cette partie est très poissonneuse avec des bancs de fusiliers et de balistes bleus en très grands nombres, qui peuvent devenir l’objet de chasses de carangues. Sur ce passage, nous observons régulièrement un massif banc de barracudas à queue noire, donnant son nom au site, « la patate aux barracudas ».

Puis nous arrivons sur un large canyon avec un fond sableux qui remonte doucement de 35 mètres à environ 15 mètres, nous permettant de rejoindre la barrière afin de finir la plongée entourée de poissons de récif.

 

  • La passe Sada :

Une belle tortue imbriquée se nourrissait au milieu des gorgones de la passe Sada par 50 mètres de fond.

Le site le plus lointain ; situé à 15 kilomètres des centres de plongée. Le versant Sud de la passe Sada ne présentant pas un grand intérêt, les plongées se font uniquement sur le versant Nord. Cette plongée se déroule sur le tombant de la passe. Nous y trouvons deux tombants verticaux.

Le premier, sur la partie extérieure de la passe, descend jusqu’à 55 mètres. Dans la zone des 15/25 mètres se trouve une succession de surplombs qui rendent cette plongée très ludique. Nous y trouvons de nombreuses murènes accompagnées de crevettes nettoyeuses. Nous y sommes souvent accompagnés par un grand banc de fusiliers.

Une tortue imbriqué qui se cachait etre les gorgones fut surprise par un plongeur recycleur. L’avantage de ne pas faire de bruit.

Sur le fond, à 55 mètres, se trouvent de gros blocs, formant un vaste labyrinthe dans lequel se sont développées de magnifiques gorgones, certaines dépassant les 2 mètres.

En se dirigeant vers le lagon, le tombant s’incurve en une petite baie. A ce niveau, la partie verticale descend jusqu’à 20 mètres, puis une pente inclinée rejoint les 50 mètres. Au pied de la partie verticale une succession de petites cavités dévoilent, nichées derrière les poissons soldats, un grand nombre de variétés de crevettes.

Une murène Javanaise dans une faille de la passe Sada à Mayotte.

Cette baie se termine en une pointe très poissonneuse ouvrant sur le second tombant de cette plongée allant de 5 à 40 mètres et où nous retrouvons ces décors de surplombs dans la zone des 20 mètres et de grandes gorgones.

 

Les plongées à l’intérieur du lagon :

Les plongées à l’intérieur du lagon sont très riches en diversité. Elles s’effectuent autour des îlots ou des récifs.

« Généralement la visibilité y est moins bonne que sur les passes ou sur la pente externe. Ceci est principalement dû au sable et aux sédiments en suspension. »

Ces plongées sont faites pour les fans de macro photographie. Au Sud de l’île, plusieurs spots sont intéressants.  Ils se trouvent tous sur des récifs situés à quelques minutes de navigations :

-Chira Lepoe

Sur ce récif, nous plongeons autour d’une pointe. A partir d’un banc de sable entouré d’un jardin de corail riche en coraux branchus et foliaires, nous accédons à la pente externe de la pointe.

Cette pente corallienne va jusqu’à 25 mètres pour rejoindre un banc de sable descendant progressivement jusqu’à une quarantaine de mètres. De ce tombant partent une succession de patates qui, étant plus exposées au courant, rassemblent quelques bancs de fusiliers et sont le support de belles gorgones.

En contournant le bout de la pointe, nous arrivons dans la « piscine » formée par la pointe et le récif. D’une profondeur allant de 20 à 6 mètres, le fond de cette partie du site est parsemé de patates de corail où nous pouvons trouver quelques nids de langoustes.

-Chira Rani

Ce vaste récif propose plusieurs sites de plongées essentiellement sur sa partie Ouest.

Nous mouillons sur des bancs de sable que nous avons nommés en fonction de leurs caractéristiques respectives et plongeons sur les tombants menant de 15 à 25 mètres, avec    sur certains sites, la possibilité de s’écarter de ce tombant pour visiter les nombreuses patates posées sur des fonds d’une trentaine de mètres et remontant pour certaines jusqu’à une douzaine de mètres.

Nous terminons ces plongées en prenant le temps de fouiller les jardins de coraux en bordure de platier à environ 5 mètres afin de dénicher quelques spécimens de crevettes ou nudibranches.

-Ranikiki

C’est un tout petit récif dont on fait le tour en une plongée. Du plateau à 4 mètres part un tombant jusqu’à 25 mètres au pied duquel se trouvent de gros blocs recouverts de coraux noirs aux polypes de couleurs variées offrant une ambiance de nébulosités multicolores.

Une crevette de Zanzibar sur son corail fouet. De jour, elle a une tout autre allure. Mais de nuit, les pigments blancs se rétractent dans les chromatophores au crépuscule et se dispersent à l’aube, d’où des changements dans les livrées chromatiques et dans l’aspect général des crevettes. La nuit, elles sont souvent plus transparentes et le jour plus colorées.

Ces blocs, formant un labyrinthe, sont très colonisés de faunes fixées dont se nourrissent un grand nombre de nudibranches.

 

-Les îlots Choisil

Banc de sable de l’ilot choisil à Mayotte.

Les spots entourant les ilots Choisil offrent eux aussi une grande concentration de poissons et de coraux en bonne santé. Un magnifique platier orné de divers coraux comblera les baptêmes et les niveau 1.

Un récif en bonne santé est l’une des plus belles création qe puisse nous offrir la nature. Les préserver relève de notre responsabilités à tous.

De grande patate de corail tombant jusqu’à 25 mètres de profondeurs offrent des abris dans leurs crevasses pour tous les petits habitants du récif. Un peu plus au Sud des îlots, le banc du Boa concentre énormément de poissons. Il n’est pas rare de croiser des bancs de chirurgiens par centaines, des platax et autres barracudas.

 

Au Nord de l’île, le spot de plongée dit « Cocaine » est un paradis aquatique. Son nom est dû au sable d’un blanc quasi pur. Les quelques patates de corail clairsemées sur ce manteau blanc explosent de vie. Des centaines d’anthias virevoltent autour des coraux. Un véritable arc en ciel sous-marin.

Patate de corail et ses Anthias sur le spot de Cocaine.

 

Les plongées départ du bord :

La plage de N’gouja, au sud de l’ile de Mayotte se trouve sur la commune de Kani-Keli.
Elle est bordé par un magnifique tombant riche en biodiversité. Son platier attire un grand nombre de tortues verte qui viennent se nourrir tout au long de l’année.

Pratiquement réalisable depuis toutes les plages, les plongées au départ du bord se font sur le tombant qui longe l’île. Il faut traverser le platier pour arriver sur ledit tombant. Il est donc préférable de ne pas s’engager à marée basse afin d’éviter de marcher sur les herbiers. Les départs du bord sont donc préconisés à mi marée, surtout quand les coefficients sont forts.

Somptueux coucher de soleil sur la plage de N’gouja au sud de l’ile de Mayotte.

Découvrir le lagon autrement que par la plongée:

Une vue panoramique réalisé sur l’ilot de sable blanc qui se trouve devant l’ilot de M’Tamboro. Cet ilot se découvre seulement à marrée basse lors des grands coefficients.

« Il existe bien d’autres moyens de découvrir le lagon de Mayotte autrement que par la plongée. Que ce soit en snorkeling, en sorti rando barrière, en bateau ou bien encore par la voie des airs en prenant de la hauteur en ULM, l’infinie beauté de ce lagon n’aura de cesse de vous étonner. »

 

  • Le snorkeling:

L’horizon se colore au fure et à mesure que le soleil s’en rapproche. Au premier plan, une tortue verte nage paisiblement dans le lagon.

Le fait d’avoir cette double barrière de corail permet à un maximum de personnes d’avoir accès à un récif en seulement quelques coups de palmes. Le plongeur en PMT pourra admirer les tortues marine, les raies pastenagues ainsi que tous les poissons multicolores qui peuples les récifs de l’océan indien. Les sorties PMT se pratique généralement depuis une plage (N’gouja, Sakouli, Sazilé, Musical Plage, Tanaraki etc).

Une patate de corail est souvent l’abris des petits poissons du récif. Cette photo en est le parfait exemple.

Une fois après avoir traversé le platier large d’environ cent mètres (lieu de nourrissage des tortues vertes) vous trouverez un petit tombant colonisé par toutes sortes de coraux ; un véritable « aquarium » à portée de palmes pour tous.

Une photo prise en mi air mi eau sur le platier de N’gouja.
On peut apercevoir l’hotel qui borde la plage sur la partie émergée de la photo. Tandis que sur la partie immergée, une tortue verte remonte respirer à la surface.

 

  • Les sorties safari bateau :

Photo panoramique prise sur l’ilot de sable blanc.

Les prestataires nautiques qui proposent des safaris découverte du lagon sont essentiellement localisés à Mamoudzou et sur Petite Terre. L’heure de rendez-vous est généralement à 8 h sur le ponton du Port. Les sorties se font à la journée avec un retour vers 16 heures. Le repas du midi et le petit déjeuner sont inclus chez tous les prestataires. Dès le départ du ponton, le but est de chercher les animaux qui vivent aux abords de Mayotte. Avec une population de plus de 1000 individus dispersés partout autour de l’île, en groupes plus ou moins important, les dauphins long bec (Stenella Longirostris) sont observés pratiquement à toutes les sorties.

Un énorme pod de dauphin long bec nageant à l’étrave du bateau. Une mer d’huile m’a permit de prendre cette photo.

Un peu plus rare, les dauphins communs de l’indo-pacifique (Tursiops Aduncus) sont présents tout au long de l’année dans le lagon.

Un dauphin tursiops aduncus photographié juste avant qu’il prenne sa respiration à la surface.

Leur population est estimée à une 60aine d’individus. Il est donc un peu plus rare de les croiser mais les rencontres sont tout de même fréquentes. Et si c’est le cas, vous aurez peut-être l’occasion de vous mettre à l’eau avec eux, si les conditions le permettent.

Un dauphin nageant autour des plongeurs dans le lagon de Mayotte.

Snorkeling-gabriel barathieu-dauphin-mayotte

Un groupe de dauphins Tursiops Aduncus curieux de voir l’étrange créature qui vient à leur rencontre.

En extérieur barrière, il est aussi possible de croiser la route des grands dauphins de l’indo-pacifique (Tursiops Truncatus), mais aussi des dauphins Péponocephaes ou encore plus rarement des Globicéphales. Et si vraiment vous êtes chanceux, vous aurez la possibilité de croiser un couple de dauphin à bosse ou de rencontrer un des (trop) rare dugong du lagon. Estimés à seulement quelques individus, les dugongs sont hélas très rarement observés.

De février à juin, c’est la saison des raies Mantas. Présentes toutes l’année à Mayotte, c’est à cette période-là qu’on les retrouve le long du récif, au Nord de l’île lors des grandes marées. Elles viennent se nourrir du plancton charrié par les courants marins.

Snorkeling-gabriel barathieu-raie manta-mayotte

Une raie Manta qui me passe à quelques centimètres de moi.

« Là aussi, si les conditions le permettent, il est possible d’aller à leur rencontre dans l’eau et d’admirer l’une des nages les plus gracieuse qui soit. Un véritable ballet aquatique !!! »

Une raie manta des lagons (Manta alfreidi) rencontré dans le magnifique lagon de Mayotte.

De Juillet à Novembre, les baleines à bosses remontent de l’antarctique pour venir se reproduire dans les eaux chaudes des tropiques. Le lagon de Mayotte offre une protection naturelle idéale pour les tout jeunes baleineaux vulnérables aux grands prédateurs et encore trop faibles pour entamer une longue migration.

Un groupe de baleine composé d’une mère et de son baleineau, suivi par un escort. Photo prise sur le banc de l’Iris, au large de Mayotte.

 

  • Les sorties Rando barrières :

Un paysage magnifique, le lagon de Mayotte renferme des trésors insoupçonné. Au premier plan, un magnifique coquillage « Fer à repasser » (Cassis cornuta) qui est protéger à Mayotte.

Mais qu’est-ce que cela veut dire, des sorties rando (randonnée) barrière ? Rassurez-vous, il est bien évident que nous n’allons pas piétiner le corail sur la barrière. Je vais vous expliquer en quoi cela consiste.

A marée basse, le récif de Mayotte se découvre presque entièrement. Ce phénomène est due au 4 mètres de marnage qui rythme les marées. Ici, nous pouvons voir une anémone et ses poissons clowns presque hors de l’eau.

Mayotte possède un marnage de 4 mètres. Ce qui est extrêmement rare pour une île possédant un lagon. Lors des grandes marées basses, la hauteur d’eau au niveau de la barrière de corail est quasiment nulle. Elle est même négative à certain moment : c’est à dire que la barrière de corail est quasiment à l’air libre. C’est à ce moment-là, encadrés par un guide expérimenté, que vous découvrirez la vie récifales.

Lors des grandes mare comme celle-ci, les coraux sortent de l’eau pendant plusieurs heures. En arrière plan, on peut apercevoir le mont Choungi.

En marchant sur le sable, en sillonnant entre les patates de corail les rencontres ne sont pas rares. C’est une approche unique qui permet de se rendre compte de l’impressionnante biodiversité d’un récif mais aussi et surtout de la fragilité de celui-ci.

Petite raie torpille panthère dans le lagon de Mayotte.

 

  • Vol au-dessus du lagon : les sorties ULM 

Une vue aérienne d’un de nombreux récif de Mayotte.
Possédant le second plus grand lagon fermé du monde, l’ile de Mayotte renferme dans son lagon de nombreuse patate de corail comme celle-ci. La vie y est foisonnante.

Les départs se font à l’aéroport de Pamandzi. Deux prestataires vous proposent différents parcours au-dessus de l’île : Tip Top et O’ passagers du vent . Le lagon vu sous la surface est somptueux mais je vous conseille vivement de prendre de la hauteur pour l’admirer d’un autre œil et ainsi l’appréhender à sa juste valeur. Les nuances de bleus allant du turquoise au bleu profond en passant par toutes les teintes pastel que l’on peut imaginer.

La barrière de corail de Mayotte est un bijoux de la nature.

C’est le spectacle qui s’offrira à vous depuis les airs. Dès le décollage, l’îlot des aviateurs ouvre le bal et annonce la couleur ! S’en suit la fameuse passe en S. C’est à cette hauteur qu’elle porte le mieux son nom. Bordé par les coraux aux teintes clairs, ce long sillon au bleu profond et aux courbes épurées traverse le récif pour finir sa course dans le lagon. Incontestablement, c’est l’un des plus beaux joyaux de Mayotte. Au-dessus des îlots, vous découvrirez une multitude de formation corallienne aux formes aussi variées qu’étonnantes.

Les ilots du lagon de Mayotte sont nombreux.

Avec un peu de chance, vous verrez une raie Manta se nourrissant aux abords de la barrière. Arrivé à l’aplomb de la plage de Sazilé ou de n’Gouja, les tortues marines qui se nourrissent sur les herbiers bordants les plages se comptent par dizaine. Plusieurs circuits sont à la carte. Le tour de l’île complet étant la prestation la plus complète (plus d’une heure de vol). D’autres vols moins longs, mais aussi moins onéreux, sont possibles comme le survol de la mythique passe en S, ou un vol vers le Sud sauvage de l‘île.

Vue aérienne sur l’ilot de sable blanc au large de la pointe de Sazilé.