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Mes plus belles photos sous marines prises à Mayotte en 2017

2017 est finie !!! 

Ce fut une année riche en rencontres et pourtant cela fait seulement un an que je suis sur cette magnifique île de Mayotte.

Tous les weekends, son immense lagon de 1500 km2 et sa pente externe sont devenus mon terrain de jeu.

Et il y a de quoi faire, tellement sa superficie et sa biodiversité sont respectivement grande et riche.

J’ai vu, exploré, photographié une infime partie de ce qu’il renferme, et je ne vous parle même pas des découvertes faites avec mon ami Olivier en plongée profonde, avec qui j’ai commencé à explorer la zone crépusculaire comprise entre 60m et 120 m

En attendant, d’aborder ce thème en 2018, je vous dévoile ci-dessous une sélection de mes 10 photos préférées de 2017.

Toutes prises à Mayotte, elles représentent pour moi quelques uns des meilleurs moments et sensations que j’ai pu avoir, ou tout simplement mes coups de cœurs de l’année.

L’une des premières photos de l’année 2017 fut celle ci :

Kiss me !!!

Baliste strié -Balistapus undulatus - best of photos sous marine 2017- best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Baliste strié (Balistapus undulatus) ; 1/100 , f16 , ISO 250

Cette photo a été prise le 15 janvier sur le site de plongée appelé Cocaïne. Il se trouve dans le nord de l’ile. Son nom est dû au sable d’une rare blancheur.

Nous étions sur le chemin de retour, à quelques mètres du bateau, quand j’ai aperçu ce baliste strié qui venait de se réfugier dans une patate de corail, laissant seulement sa bouche apparaître.

J’ai instantanément réalisé cette photo espérée depuis déjà quelques temps. C’était une occasion à ne pas louper, et je l’ai donc saisie.

Bien camouflé dans son trou, je savais que ce magnifique poisson ne pouvait pas prendre la poudre d’escampette.

J’ai donc eu le temps de me positionner, d’affiner la composition, le cadrage et l’éclairage. Mais la tâche n’était pas facile pour autant.

L’orientation des flashs était particulièrement difficile à cause des coraux qui entouraient le baliste. La seule position possible faisait apparaître les particules se trouvant entre le sujet et mon appareil. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que celui-ci, et un bon nettoyage sous photoshop.

Mais le jeu en à valu la chandelle.

Cette photo fut remarquée dans un grand nombre de concours comme : Golden Turtle  Award , Dan Magasine Award , Nature Best Photography Award et une double page dans le magazine GEO.

 

Take off : Manta Airline

Raie Manta - Manta Alfreidi - best of photos sous marine 2017 best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Raie Manta (Manta Alfreidi) ; 1/640, f11 , ISO 400

Cette photo à été prise le 2 avril près du récif Nord de Mayotte.

Chaque année, lors des grands coefficients de marée entre février et Mai, les raies Mantas sont facilement trouvables près du récif nord.

Elles viennent se nourrir du plancton dans les zones de courant.

Mais ces raies Mantas sont sédentaires au lagon de Mayotte, et ne sont pas des animaux pélagiques comme ses cousines les Manta Birostris.

D’ailleurs je ne devrais plus écrire Manta Alfredi ou birostris car depuis peu elles ont été classées comme Mobula après des analyses génétiques (https://biopixel.tv/mantas-actually-mobula).

 

L’histoire de cette photo :

Nous étions un groupe d’amis sur le bateau ce jour-là, où les raies Mantas étaient nombreuses sur zone.

De mémoire nous en avions vu une quinzaine dispersée entre les patates de corail du récif.

Après quelques belles mises à l’eau, nous avions ancré le bateau sur un fond sableux pour prendre un café bien mérité.

C’est la tasse dans les mains que nous avons aperçu deux très belles raies à environs 30 mètre du bateau.

Après une courte réflexion, je chausse mes palmes, prends mon masque, mon tuba et mon caisson et  pars à leur rencontre. Je nage dans leur direction quand soudain j’aperçois cette raie qui nage à 20 cm au-dessus du sable.

C’est la première fois que je vois ce comportement. Peut-être est-ce pour se débarrasser des rémoras ?  Quoi qu’il en soit je n’ai pas eu besoin de réfléchir bien longtemps pour imaginer cette photo.

Ni une ni deux : je prends une grande inspiration, descends en apnée et me pose face à elle, dans sa trajectoire, tout en restant immobile.

Je n’ai plus qu’a attendre en espérant qu’elle ne change pas de direction, et tout en étant curieux de savoir ce qu’elle allait faire.

Désormais a une dizaine de mettre devant moi, gardant toujours le même cap, elle semble planer au-dessus du sable, glisser sans un mouvement d’aile. Je suis tout excité, l’œil dans le viseur, prêt à déclencher la rafale au bon moment.

Arrivée a moins d’un mètre devant mon dôme, elle se cambre vers le haut comme un avion au décollage. C’est à ce moment que je lance la rafale.

Elle passe a quelques centimètres au-dessus de ma tête paisiblement, sans aucune crainte, avec une grâce inégalable.

J’avais eu un bon pressentiment ce matin-là, quand j’ai décidé de monter mon objectif Fish-eyes que je n’utilise presque jamais.

La déformation qu’apporte cette objectif ajoute un effet qui me plait particulièrement sur cette photo.

 

Le calamar

Calamar -Sepioteuthis lessoniana - best of photos sous marine 2017best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Calamar (Sepioteuthis lessoniana) ; 1/100, f 18, ISO 250

Cette photo a été prise le 27 Avril à 23h40 lors d’une sortie randonnée barrière de nuit. Je me souviens très bien de cette soirée.

Lors des grandes marées, le but de cette excursion est de marcher sur le sable, entre les patates de corail, alors que le niveau de l’eau est au plus bas.

C’est une merveilleuse façon d’initier les touristes à la vie récifale, aux animaux nocturnes qui peuplent les récifs, mais aussi de faire des rencontres insolites.

C’est également un excellent moyen de sensibilisation auprès d’un large public car même les personnes qui ne savent pas nager peuvent effectuer cette excursion.

Ce soir-là je prends donc mon caisson, mon masque et mon tuba … mais pas mes palmes !

C’était la lune noire, moment idéal pour rencontrer des calamars en chasse, chose que j’espérais secrètement.

Après quelques minutes à explorer les patates de corail qui jonchent les abords de l’ilot des Aviateurs, je décide de m’isoler du groupe et pars sur le tombant qui se trouve à une trentaine de mètre vers le large.

Me voilà nageant dans 2 mètres d’eau sans palmes, mais caisson en mains, à la recherche de calamarq.

Pas facile d’avancer ou de se stabiliser dans ces conditions. 

Au bout de 5 minutes à peine, je tombe nez à nez avec un calamar qui venait de capturer un petit poisson. La chance était avec moi !!!

Occupé par son repas, il était statique, juste en dessous de la surface… parfait pour exploiter le reflet.

Cependant,  le fait de ne pas avoir de palme me complique sérieusement la tâche.

Le but est d’avoir le plan d’eau le plus lisse possible pour avoir un beau reflet. Ce qui n’est pas aisé quand on a rien au pied.

J’ai tout de même réussi a sortir quelques clichés correctes. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

 

Crabe des Crinoïdes

Crabe des Crinoïdes - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Crabe des Crinoides (tiaramedon spinosum) ; 1/100, f22, ISO 200

Une autre photo prise, cette fois-ci, en plongée de nuit le 4 juillet dans la passe en S.

Ce spécimen, mesurant à peine 1 cm de diamètre, vie dans les crinoïdes qui se déploient seulement la nuit ou dans l’obscurité d’une grotte. C’est à la fin de la plongée que ce magnifique spécimen apparait, découvert par mon ami Alex, de Nautilus Plongée.

Bien camouflé dans les tentacules de sa crinoïde où il vit en symbiose, nous attendons le ressac pour qu’une tentacule veuille bien laisser apparaître ce petit animal.

On ne le voit pas sur cette photo, mais il s’agit en fait d’une femelle avec des œufs. Je suis vraiment tombé sous le charme de cet étrange crustacé.

Sa carapace est recouverte de protubérances qui ressemblent plus à des cornes qu’à des piquants.

Avec un peu d’imagination, on dirait qu’il sort tout droit du temps des dinosaures, avec la taille en moins.

 

Face à face, les yeux dans les yeux

Poisson crocodile à tête large eurycephalus arenicola - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Poisson crocodile à tête large (eurycephalus arenicola) ; 1/100, f8, ISO 100

J’ai pris cette photo juste après celle du crabe des crinoïdes.

Ensablé à côté d’une patate de corail, ce poisson crocodile attend patiemment qu’une proie passe à côté de sa gueule.

En mode furtif, quasiment impossibles à repérer, c’est en un éclair de seconde qu’il l’engloutira les malheureux poissons.

Pour celui-ci, j’ai eu « la chance » de lui faire peur en passant près de lui. Un geste l’a trahi, j’avais débusqué le chasseur. J’en profite pour me positionner devant lui.

Pour cette photo, je voulais une faible profondeur de champ, pour mettre en relief ses yeux qui sortent du sable.

Afin de ne pas l’effrayer, je me rapproche de lui, centimètre par centimètre, jusqu’à avoir la composition que je souhaite.

Pour sûr, la prochaine fois que j’en croise un, je fais un focus en hyper macro sur un de ses yeux. Une véritable œuvre d’art de la nature.

 

Banc de Gaterins rayés

Banc de Gaterin rayes-plectorhincus orientalis - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Banc de Gaterins rayés ( Plectorhincus orientalis ) ; 1/125, f16, ISO 320

Photo prise le 9 juillet au pied du premier tombant de la passe bateau nord, cette image me parle beaucoup car elle reflète bien l’ambiance des lieux.

Ce banc est toujours au même endroit, au pied du premier tombant, à une profondeur d’environ 40 mètres. Invariablement, il ne change jamais de place, fidèle à une patate de corail bordé de magnifique gorgones. 

A chaque fois qu’Olivier et moi remontons de nos plongées profondes et sortons de l’obscurité des profondeurs, nous sommes accueillis par ce banc, que nous passons quelques minutes à contempler.

Peu farouches, ils se laissent facilement approcher. Il faut cependant éviter tout geste brusque afin que le banc reste le plus compacte possible.

 

Une plongée complètement « marteau »

Banc de requin marteau Halicorne -Sphyrna lewini - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Banc de requins marteau Halicorne (Sphyrna lewini ) ; 1/100, f22, ISO 320

Cette photo, prise le 26 Aout à la Passe Bouéni, représente certainement l’un de mes plus beaux moments en 2017.

Nous venions juste d’entamer notre descente vers le second tombant de la passe, à une profondeur cible de 50 mètres quand j’entends mon Olivier crier dans la boucle de son recycleur.

C’est à ce moment que j’aperçois ce banc de requins marteau en limite de visibilité, à environ 30 ou 40 mètres sur notre gauche. Je n’en croyais pas mes yeux.

Le banc se trouvait légèrement en dessus de nous. Energiquement, nous palmons à toute allure pour arriver juste en dessous. Pendant ce court instant, j’en profite pour modifier les réglages de mon appareil sous marin et de mes flashs car j’avais déjà en tête la photo en contre-jour que je pouvais réaliser.

L’anticipation fut déterminante pour cette photo !

Etant à la focal 16 mm une fois arrivé dessous, le banc est tellement grand que seule une petite partie rentre dans le cadre. J’en ai compté plus de 70 sur une photo, mais je pense qu’ils étaient plus d’une centaine.

Le doigt appuie sur le déclencheur, je saisie par rafale cette instant magique que je n’osais imaginer vivre à Mayotte.

Dans les jours qui suivirent cette rencontre, nous avons eu la chance de croiser par deux fois un autre banc de marteau tout aussi conséquent. Les deux autres fois, nous plongions en trimix et le banc se trouvait à des profondeurs comprises entre 80 et 100m.

Encore un magnifique spectacle offert la nature.

 

Close up d’un poisson fantôme

poisson-Fantôme-Solenostomus leptosomus - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Poisson-Fantôme (Solenostomus leptosomus) ; 1/160, f18, ISO 160

Photo prise le 16 septembre lors d’une plongée dans le lagon de Mayotte. 

J’éprouve autant de satisfaction à photographier un petit poisson fantôme comme celui-ci que le banc de requins marteau de la photo précédente.

L’émotion n’est bien sûr pas la même, mais le sentiment que me procure ces deux images est similaire.

C’est Carole qui nous a indiqué où se trouvait ce petit magnifique petit poisson.

L’objectif macro monté sur le Canon, je me devais d’aller lui « tirer le portrait ».

Les poissons fantômes ont vraiment une nage particulière.

Ils nous donnent l’impression d’être une brindille, une feuille morte qui flotte entre deux eaux. Le mimétisme est poussé jusque dans les mouvements. Impossible pour ses prédateurs de faire la différence.

 

Survivor

Tortue verte -Chélonia Mydas - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Tortue verte ( Chélonia Mydas ) ; 1/100, f13, ISO 200

Comment vivre à Mayotte et ne pas avoir de photo de tortue dans son top 10 ?

J’ai pris cette photo le 11 novembre à N’gouja.

J’affectionne particulièrement celle-ci car la petite tortue verte est une rescapée de la vie. Bien visible sur cette photo, son flanc droit est marqué d’une grosse cicatrice, vestige d’une attaque de requin. Sa nageoire antérieure droite a été miraculeusement épargnée. Peut-être n’aurait-elle pas survécu sans elle ?

Ce qui est certain c’est qu’elle nage parfaitement bien puisque j’ai pu la suivre quelques minutes sur le platier.

Je l’ai vu se faire nettoyer par les labres, brouter les jeunes pousses de l’herbier. Une vie bien paisible loin de la haute mer est ses dangers qu’elle à due affronter les premières années de sa vie.

 

Jardin de corail

Le récif du platier de N’gouja - best of photos sous marine 2017 - gabriel barathieu

Le récif du platier de N’gouja ; 1/80, F10, ISO 200

Petit clin d’œil à 2018 qui est l’année internationale des récifs coralliens.

Photo prise le 11 Novembre sur le plaitier de N’gouja.

Voici à quoi ressemble un récif sain et en bonne santé. Hélas, ce n’est pas le cas partout à Mayotte, et encore moins sur la totalité du globe.

Les récifs coralliens représentent seulement 0,1 % de la surface des océans. Mais dans ces 0,1 %, on y trouve 95 % de la biodiversité littorale.

Leur protection est d’une importance capitale car les bouleversements environnementaux qui s’exercent sur ces milieux sont énormes : pollution, urbanisation, réchauffement des océans, acidification des océans et j’en passe.

Toutes ces pressions sont le résultat de l’activité humaine.

Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce désastre programmé.

Outre sa beauté, le récif corallien est un écosystème qui concentre une biodiversité rare est unique.

En 2008, soit désormais il y a 10 ans, 54% des récifs corallien de la planète étaient considérés comme menacés.  En 2018, combien sont-ils ?

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